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Nous avons rencontré Martha et Carrie sur les rives du Lac Témiscouata. Elles sont arrivées toutes deux avec leur canot, leurs pagaies, leurs baluchons et se sont installées sur l’emplacement de tente juste à coté. Juste là où, la veille, un groupe de fêtards sans scrupules s’était fait engueuler par ma Douce. Quel contraste. Elles avaient quelque chose que les autres résidents du camping n’avaient pas. Quelque chose que nous devrions tous avoir. Quelque chose que peu auront un jour. Elles avaient un rêve, c’était visible. Avant même de leur parler, je le savais. Quoi d’autre peut donner cette assurance ? Quoi d’autre peut faire transpirer ce bonheur de vivre ?
Un de mes trois petits campeurs en herbe plus curieux que les autres, un sourire échangé et nous voilà déjà tous des amis. Autour de la table à pique-nique défraîchie, elles nous racontent. D’une extrémité à l’autre du continent, elles glissent leur canot sur les eaux du pays depuis trois étés. De rivières en lacs, de lacs en ruisseaux, de ruisseaux en fleuve, depuis la fonte des glaces aux premières neiges. Elles n’avaient plus qu’un petit 500 km à parcourir sur les 9000 km que comptait leur pèlerinage. Deux petites semaines avant d’atteindre l’autre océan.
Dans la jeune vingtaine ces deux passionnées auront accumulé déjà tout un bagage de persévérance, d’expérience et de bonheur de vivre. Quel plaisir de les avoir rencontrées !
Bravo Martha, Bravo Carrie.
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