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Nous nous dirigions donc vers le gros bac en métal brun. Déjà à quelques
mètres une forte odeur attaque notre odorat. On met un pied à terre près
du conteneur toujours en enfourchant nos vélos très chargés qui gênaient
un peu nos manoeuvres. Une volée de mouche tourne tout autour de la
boîte et nous entoure du coup. L'odeur est devenue plus forte et fort
nauséabonde. Décidément on ne restera pas longtemps ici, il faut faire
vite. Je m'avance à un mètre en face du bac prêt à y balancer mon sac de
plastique, le front plissé et le nez contorsionné. Ma blonde, un peu
plus sur le coté, soulève d'une main le lourd couvercle métallique à
bout de bras en se cachant la bouche et le nez de l'autre main. Un nuage
de mouches en sort et l'odeur s'amplifie encore. Le coeur nous lève.
Aussitôt je balance mon sac dans le sombre intérieur. Et alors que le
paquet vole encore ce que je vois me fait lever haut le coeur. Sur le
rebord, là où le couvercle se pose normalement, une grosse motte de
matière organique en décomposition, en putréfaction.
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L'écoeuranterie fourmille,
grouille,
bouillonne de vers blancs.
J'ouvre la bouche pour crier NON
en entamant un mouvement de retraite, mais ma copine à déjà lâché le
couvercle... PAFF! Le lourd
couvercle frappe la chose de plein fouet et m'asperge de cette
dégueulasserie. Une pluie de cochonnerie écoeurante.
Sur les vêtements, dans les cheveux, dans le visage, dans la bouche... Je
suis écoeuré, totalement dégoutté, je laisse tomber ma bécane, je me
secoue comme un malade, je crie, je crache, j'engueule ma pauvre blonde
en courant vers les douches...
Deux semaines après
cet épisode je frémissais encore aux moindre chatouillement sur ma peau
et plusieurs mois après j'en voulais encore à ma blonde d'avoir lâché
ainsi le couvercle. Heureusement avec le temps c'est devenu une anecdote
amusante et je prends même plaisir à la raconter.
Denis |