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Nouvelle-Zélande- Bébé à bord
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On nous trouvait tantôt chanceux, tantôt téméraires. Bien sûr, le bout du monde est loin, et à six mois les bébés sont petits et fragiles. Mais on oublie trop souvent qu'ils ont une capacité incroyable d'adaptation. Karine fit sa première sortie "sportive" à treize jours. Fière de l'expérience, elle nous accompagna au cours de ses premiers mois en randonnée en montagne, en vélo, en escalade. Mais, trente jours sous la tente à faire du cyclotourisme, en Nouvelle-Zélande, ça c'est vraiment la grande première de toute sa vie.
Nous avons eu deux mois pour compléter les
préparatifs: mise en forme, lecture, recherche d'informations et
surtout, le matériel. C'est contre réflexe de restreindre le bagage
lorsqu'on voyage avec un bébé. Mais à vélo, le plaisir est inversement
proportionnel au volume et au poids. On sélectionna rigoureusement tout
l'équipement. Ce que nous décidions d'apporter devait être léger,
compact, strictement essentiel et avoir plus d'une utilité dans la
mesure du possible. Le transport de Karine posait un problème certain.
Installer l'enfant sur un siège de vélo ne nous paraissait pas
suffisamment sécuritaire et confortable.
Les remorques sont en général lourdes pour la longue randonnée et
sont conçues pour les enfants plus âgés. Mais nous avons trouvé un
modèle plus léger que nous avons équipé d'un siège adapté. Le total des bagages incluant vélo
et remorque totalisa 34 kilos par personne, ce qui nous semblait
acceptable.Nous étions fin prêts, nos mollets étaient endurcis au vélo stationnaire, Karine avait acquis l'art de s'endormir n'importe où et avait passé quelques nuits avec nous sous la tente... dans sa chambre. Le trajet de 21 heures d'avion, les deux escales et le décalage horaire étaient ce que nous redoutions le plus. Comme si elle avait déjà fait de nombreux voyages et à notre grande surprise, Karine ne montra aucun signe d'inconfort dans l'avion, dormit très bien et adopta l'heure locale dès le premier soir.
Une fois à destination, nous savions qu'il nous faudrait être flexible mais la vraie signification de l'adaptation, nous
l'avons découverte dès le début de séjour. Les faibles distances
quotidiennes parcourues, les multiples arrêts, l'effort constant même
dans les plats, l'horaire de la petite à respecter et l'obligation de
réduire la vitesse dans les descentes, nous privant des grisantes
récompenses après une dure montée, tout cela nous obligea à réviser nos
buts et attentes. Après une période de découragement et une séance de
"comment tu te sens, comment je me sens et où est-ce qu'on s'en va?",
nous avons rapidement redonné au voyage un nouveau sens; pas celui
mesuré en kilomètres mais celui qui se mesure en paysages, en sourires
et en rencontres.
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