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Mariane et l'autre en Turquie
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Des rencontres et encore des rencontres Notre périple est copieusement garni de rencontres de toutes sortes; celle de chiens enragés qui tenaient à ce qu’on retourne chez nous sur le champ, ou celle d’un scorpion qui est passé entre les deux pieds de Mariane, ou celle encore de plusieurs moustiques qui nous ont tenus réveillés, mais surtout il y a eu celle de tous les Turcs infiniment sympathiques rencontrés sur notre chemin, et ils sont nombreux. Ah oui, il y a eu aussi celle des vingt-et-une tortues bien comptées qui faisaient le bonheur de Mariane. . Le voyage se déroule ainsi entre marches fastidieuses sur toiles de fond splendides et rencontres culturelles passionnantes. Comme celle de cette famille en pique-nique avec qui nous rions en prenant le thé. Celle d’un couple dont lui est l’imam, le chef religieux, du village, chez qui nous passons la nuit… presque dans la mosquée. Ou encore Koray Ata, un turc extraverti qui demeure sur un terrain de camping et qui connaît la Lycian way comme sa poche. Son aide nous a été très précieuse. On rigole bien avec lui. Il dit avoir été riche jadis alors qu’il possédait trois chameaux. Il y a eu aussi, Sylvie et Denys, deux concitoyens québécois rencontrés au hasard d’un transport improvisé entre deux villages. Vers la fin de notre longue randonnée, ils ont redonné de la vigueur à nos semelles et à nos babines. Une vraie aventurière Au jour 23, nous marchions tout en prenant de l’altitude dans une forêt un peu trop grugée par les tracteurs. La pluie avait commencé doucement, agréable, puis s’intensifie au cours des heures suivantes. Rien d’inquiétant pour l'instant, mais nous sommes quand même à 2000 mètres d’altitude et le temps n’est pas très chaud. Le vent se lève et l’averse commence à faire du zèle. On zigzague entre les flaques pour ne pas noyer nos bottes. Je marche derrière Mariane en suivant quelque chose qui ressemble maintenant davantage à un ruisseau qu’à un sentier. La grêle s’en mêle. On avance en tournant le dos au vent qui rage et qui nous fouette sérieusement. Nos vêtements prennent graduellement l’humidité. Je peux presque dire que j’ai froid. Dans ma tête, depuis quelques minutes, je commence à m’inquiéter un peu. À me faire du mauvais sang. Nous ne sommes pas très proches du prochain village. Nous sommes mouillés… fatigués… et si l’hypothermie s’en mêle… et si ceci… et si cela… Et à ce moment précis. Au plus fort de cette vraie tempête et de ma pseudo angoisse. Alors qu’à deux mètres je ne la vois plus très bien et que le vent fait tout un vacarme, Mariane s’arrête, se tourne vers moi et me crie joyeusement « Waw Papa, c’est vraiment cool ! ». |
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